A travers les persiennes, la lune étend sa flamme
Un tapis de satin à la peau gris-bleuté
Vient couler sur les murs en filet d'encre noire
Les ombres vénusiennes brisent leurs vagues à l'âme
Sur le clown arlequin au sourir' dépravé
Une pâle figure calquée sur le miroir
A travers les poussières, de plaintifs accords
D'un Ave Maria, d'une Valse de Vienne
Qui écorchent le coeur en poignantes chimères
Sous les closes paupières, magie versicolore
Un décor d'opéra, des poupées éoliennes
De mystérieux jongleurs plein de rires amers
La lumière claqua en mille éclats de vert
Et de jaune et de bleu, d'eau-de-rose trémière
Des monstres qui chatoient, de brûlantes sorcières
Et résonnent des voix sépulcrales, austères
Une chute qui meurt dans les profonds cim'tières
D'où jaillissent vapeurs et miasmes aurifères
En d'étranges horreurs, elles glacent l'enfer
D'une vive liqueur au goût âcre d'éther
Boum boum, tremblent les coeurs
Tic Tac, frappent les heures...
A travers les persiennes, le soleil se déverse
Une goutte vermeille à l'écorce dorée
Vient s'étendre et filer en cascade opaline...
Par Delphine
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Publié dans : au-fil-de-ma-plume
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