A travers les persiennes, la lune étend sa flamme
Un tapis de satin à la peau gris-bleuté
Vient couler sur les murs en filet d'encre noire
Les ombres vénusiennes brisent leurs vagues à l'âme
Sur le clown arlequin au sourir' dépravé
Une pâle figure calquée sur le miroir
A travers les poussières, de plaintifs accords
D'un Ave Maria, d'une Valse de Vienne
Qui écorchent le coeur en poignantes chimères
Sous les closes paupières, magie versicolore
Un décor d'opéra, des poupées éoliennes
De mystérieux jongleurs plein de rires amers
La lumière claqua en mille éclats de vert
Et de jaune et de bleu, d'eau-de-rose trémière
Des monstres qui chatoient, de brûlantes sorcières
Et résonnent des voix sépulcrales, austères
Une chute qui meurt dans les profonds cim'tières
D'où jaillissent vapeurs et miasmes aurifères
En d'étranges horreurs, elles glacent l'enfer
D'une vive liqueur au goût âcre d'éther
Boum boum, tremblent les coeurs
Tic Tac, frappent les heures...
A travers les persiennes, le soleil se déverse
Une goutte vermeille à l'écorce dorée
Vient s'étendre et filer en cascade opaline...
Par Delphine
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Sur tes cheveux d'ébène, une étoffe de soie
Une opale miellée sur ta voix
Jusqu'au creux de tes veines, un scintillant pétale
Un papillon nimbé de cristal
Sur l'ombre de ta peau, un nuage de glace
Un flocon satiné qui s'efface
Jusqu'au creux de ton dos, une plume de neige
Des silhouettes brisées d'un cortège
Sur le bout de tes doigts, une poussière d'or
Une rose effeuillée sur ton corps
Sous tes cils, quelques fois, une épine d'argent
Une goutte sablée de ton sang
Un écrin de velours, un bijoux scintillant
Un goût âcre d'étain sur ton flanc
Parfum à contre-jour de ta beauté mortelle
Jusqu'au creux de tes reins qui se fêlent
Une perle de feu sur l'éclat de ta joue
Une pierre rubis dans tes yeux
Une poudre vermeille jusqu'au creux de ton cou
Quelques cendres moisies d'un soleil
Par Delphine
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Une course effrénée, au-dessus de nos têtes
Le chaos ordonné de l'émail se reflète
D'un métal argenté qui crisse à nos fenêtres
L'enfer immaculé dégouline de spectres
La hargne exacerbée détonne en une bombe
Cris sec, court, explosé des éclairs, vagabonde !
Et la toile arrachée, éventrée qui succombe
Les entrailles vidées couvrent le sol immonde
Au tranchant de l'épée, le démon se déchaîne
Sa rage ensorcelée s'abat aux creux des plaines
D'une haine écaillée, elle crache, fontaine !
Tes larmes déchirées sont jaspes diluviennes
Un déluge glacé frappe à coups tumultueux
Une terre inondée, cramoisie ; grains boueux
Qui raclent la jetée, les récifs ombrageux !
Flux marins acharnés des sables écumeux
Le fil d'or des nuées s'approche à petits pas
Pointant le bout du nez, apeuré, délicat
D'une perle nacrée transparaît cet éclat
Qu'un reflet irisé efface le combat...
Par Delphine
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Docile quiétude d'un soir estival
Les villes s'angoissent de clameurs royales
Faites muses, faites musiques !
Résonances éoliennes des battements d'un coeur
Qu'un fier tambourin distribue à tout choeur
Faites muses, faites musiques !
Mirifiques valseuses d'un langoureux vertige
S'évaporent étincelles en diadème de feu
Faites muses, faites musiques !
Farandoles exquises aux multiples voltiges
Qu'une foule empressée éparpille en tout lieux
Faites muses, faites musiques !
Solennelles harmonies des sanglots de la bête
Q'un sinistre violon fait office à tue-tête
Faites muses, faites musiques !
Latitudes folies des accords d'un saxo
Evanouies mélopées en cascade d'ivresse
Faites muses, faites musiques !
Sinueuses étreintes au divin vibrato
Qui nous berce à la plume de charnelles caresses
Faites muses, faites musiques !
Docile quiétude d'un soir estival
Les villes s'angoissent de clameurs royales
Faites muses, faites musiques !
Par Delphine
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Puisque tu pars...
Les cieux versent des ténèbres une immensité profonde
Une absence parfumée aux odeurs de solitude
Vient troubler l'ombre funèbre, son fantôme vagabonde
Par-delà l'éternité et souffle béatitude
Ailleurs, entre ciel et terre, vie colombelle
Quand le ciel se referme, l'invisible est sa prison
Il se noit dans le néant d'une pluie entremêlée
C'est la mort qui gouverne, qui se penche sur son front
Elle le touche brutalement, son coeur souffre, abandonné
Ailleurs, entre ciel et terre, accidentelle
L' invitation au voyage sous un océan célèste
D'une lumière éternelle l'a guidée jusqu'au-delà
Elle s'élance tel un mirage d'un vol infini et leste
Rejoignant son essen'ciel, fl'âme vive ornée d'éclat
Ailleurs, entre ciel et terre, vie immortelle
Elle est allée sans retour où l'horizon éphémère
S'abandonne d'élégance, de parures angéliques
Elle s'évapore en velours inondant l'azur limpide
L'impalpable évanescence n'est que vide pacifique
Ailleurs, entre ciel et terre, vie hirondelle
Au loin, là-bas, quelque part, une larme s'est éclose
Elle s'éveille au chant d'adieu des harmonies d'une lyre
L'autre côté du miroir est renaissance eau-de-rose
L'élixir majestueux qui enflamme nos souvenirs
Ailleurs, entre ciel et terre, universelle
Une bougie dans le vent est reflet de ton visage...
Par Delphine
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